Désarroi déjà roi

décembre 5, 2006

Un peu fatigué des Sarko, Ségo et consort, un peu fatigué du bruit, du “battage médiatique” comme on dit (comment faire perdre à une expression toute sa substance (en avait-elle déjà une?) ? Lire les 128 000 extraits, où, selon Google, elle apparait).

Je me sens plus que concerné évidemment par les présidentielles, l’Europe, la politique en générale, mais tellement concerné que ça me fatigue, parce que au fond, je sais que “rien ne changera” (93 200), que, peut-être, Sarkozy ne sera pas élu en 2007, mais si ce n’est pas lui ce sera Royal, et si il ne l’est pas en 2007 il le sera probablement 5 ou 10 ans plus tard.

Et je me fatiguerai encore à dire que le travail salarié, l’emploi, ne doit pas être le centre de préoccupations, que c’est une chance d’en être libéré (je sais de quoi je parle j’ai vécu le chomage, le rmi, aujourd’hui encore je suis intermittent du spectacle sur la brèche) ou, tout du moins, de ne pas en être esclave, même si, je sais aussi, comme parfois, ça fait du bien “d’aller bosser” (231 000 !!), à condition qu’à côté on puisse encore profiter de nos amis, d’une bonne bouffe, de livres, de films, de musique, de flâneries, et éventuellement de jolies filles, qu’on puisse encore se sentir concerné par le sort du monde, de nos semblables, à condition encore que l’on ne court pas aprés l’argent, aprés le bonheur, aprés le toujours plus, bref qu’on ne court pas, qu’on ne bouffe pas tout autour de nous, qu’on sache profiter de l’ici et du maintenant, qu’on puisse sentir ses pieds dans le sol, la lumière, le vent, les sons, les odeurs etc…

Ouais, peu de chance que ça change tout ça… Celà-dit, Michel Onfray intervient dans Libé, pour rappeler la nécessité d’un rassemblement de toutes les forces antilibérales. Alors, pourquoi pas… si seulement…

PS: je me permets de reproduire ici quelques lignes de Jean Zin, issues de son blog, mais ne figurants pas dans un post (raison pour laquelle je les reproduis, sans son autorisation, espérant qu’il n’y verra aucuns inconvénients…)

Michel Onfray est touchant à s’imaginer balayer par son verbe les pesanteurs institutionnelles et refuser de voir qu’on se précipite dans l’abîme même en le sachant… Au moins il permet de ramener la raison de notre échec à nous-mêmes, notre impossibilité à faire société en dehors de notre petit groupuscule et à nous unir par-delà le marché des idéologies. Il faudrait d’abord prendre son parti du fait que la victoire n’est pas possible et que donc cette élection ne peut être, au mieux, qu’une occasion de lancer un débat public et construire une nouvelle organisation unitaire. Reconnaître notre échec et toutes les difficultés de s’entendre et de vivre ensemble est un préalable pour en surmonter les obstacles matériels et les patriotismes de parti. Il ne suffit pas de le proclamer aux foules ébahis, il faut construire cet espace commun.

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